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Le Premier ministre ouvre le chantier de la commande publique

En Eure-et-Loir, Sébastien Lecornu a annoncé vouloir "reprendre en main la commande publique" pour valoriser davantage l'agriculture locale.

En déplacement sur une exploitation d’Eure-et-Loir, Sébastien Lecornu a annoncé vouloir « reprendre en main la commande publique » pour signifier l’engagement du gouvernement en faveur de la production locale.

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« Je suis très attentif à ne pas démultiplier les annonces car les trois quarts du temps elles ont déjà été faites par nos prédécesseurs et n’ont pas été appliquées », a déclaré Sébastien Lecornu, devant les agriculteurs et les élus réunis pour son déplacement sur une exploitation d’Eure-et-Loir, ce vendredi 30 janvier 2026. Accompagnée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, ce dernier a toutefois assuré de leur volonté de retravailler sur l'orientation de la commande publique. 

« Récompenser ou punir » la commande publique sur l’origine

Le Premier ministre estime à 900 millions d’euros son montant, sous forme de bons de commande par exemple. Dans l’ambiance géopolitique (incertitude des accords avec les États-Unis, hausse des importations alimentaires notamment) « personne ne peut comprendre que cet argent [du contribuable] puisse aller acheter de la nourriture en dehors de l’Union européenne. Sur ce petit milliard, combien va à l’étranger ? On n’a toujours pas la réponse », a déploré Sébastien Lecornu précisant qu’il a posé la question à l'administration. Il veut « reprendre complètement en main la commande publique » de façon à « récompenser ou punir » les acteurs selon leur respect ou non des objectifs fixés par les lois Egalim (20 % de produits bio, 50 % de produits de qualité).

Si l'approvisionnement par l'origine (locale) pose des questions réglementaires. La commande publique doit normalement répondre au principe de libre-concurrence.

« Nous l’inscrirons dans les lois à venir », de décentralisation et la loi d’urgence agricole. Cette dernière terminera son parcours législatif « avant la présidentielle » au printemps 2027, a promis le Premier ministre. Pour mémoire, il avait annoncé le 13 janvier cette loi d’urgence, en réponse aux mobilisations agricoles, en particulier de la FNSEA qui en avait fait expressément la demande durant la semaine notamment sur les sujets de prédation et d’eau.

Sur la loi d’urgence, « le fond avant la forme »

Si le flou demeure sur le contenu de ce texte, il faudra sans doute attendre le Salon international de l’agriculture qui ouvre ses portes le 21 février prochain pour en savoir plus. D’ici là, « la loi va être coconstruite » dans une période « qui englobera le Salon, avec un tour de l’ensemble des filières », a précisé Sébastien Lecornu. Un travail de consultation qui a déjà commencé cette semaine. La FNSEA et Jeunes agriculteurs étaient reçus chez la ministre de l’Agriculture le 27 janvier précisément sur ce sujet.

Interrogé sur le calendrier précis de cette loi, il a répondu que la priorité était donnée au « fond avant la forme ». Le 13 janvier, il avait indiqué sur le fait que la loi serait présentée en Conseil des ministres durant le mois de mars sans plus de précision. Mais pour répondre aux revendications agricoles, il n’écarte pas que des mesures réglementaires qui ne dépendent pas d’une loi — et donc d’un passage devant le Parlement — mais des compétences des ministères, soient prises avant la loi.

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